Un moteur 2.0 atmosphérique passé de 160 à 184 ch, un poids à peine supérieur à la tonne et si la Mazda MX-5 MY 2019 était devenue capable de chasser les Porsche sur circuit ?
Il est vrai que la célèbre Miata (plus d’un million d’exemplaires écoulés depuis 1989) n’a jamais prétendu affoler les chronos sur circuit… Seulement voilà, l’iconique Mazda MX-5 se découvre progressivement un goût pour le sport : après avoir perdu 100 kg sur la bascule, reçu une version RF à toit rigide, cette quatrième génération, lancée en 2016, décide aujourd’hui de pousser son moteur 2.0 de 160 ch à 184 ch. Bien loin, donc, des 132 ch de la version 1.5, taillée pour la balade paisible et restée au catalogue…
Pour évoluer de 160 ch à 184 ch, le 2.0 de la Mazda MX-5 n’a pas cédé au chant du turbo. L’un des derniers 4 cylindres atmosphériques du marché a préféré agrandir ses soupapes et ses conduits d’admission, augmenter sa pression d’injection, libérer sa ligne d’échappement, alléger son équipage mobile. Résultat : la puissance maxi est atteinte à 7 000 tr/min au lieu de 6 000, le régime maxi culmine à 7 500 tr/min au lieu de 6 800. Quant au couple de 205 Nm (+ 5 Nm), il est disponible 600 tr/min plus bas (4 000 tr/min).
Avec sa sonorité nasillarde près de la zone rouge et son régime maxi inférieur à celui du petit 1.5, l’ancien 2.0 160 ch n’appréciait guère être mené à la cravache. Une critique aujourd’hui périmée : souple dès le ralenti, vivant à 4 000 tr/min et ne s’essoufflant jamais jusqu’à 7 500 tr/min, le 2.0 184 ch rend crédible l’amélioration significative du chrono annoncé de 0 à 100 km/h (6,5 s au lieu de 7,3 s). Sans devenir « musicale », la sonorité du moteur séduit par son côté naturel, bien éloigné des vocalises artificielles (à l’accélération) et crépitements caricaturaux (à la décélération) des moteurs turbocompressés concurrents.
Les retrouvailles avec un bloc atmosphérique génèrent d’autres satisfactions, comme une pédale d’accélérateur linéaire (qui n’ouvre pas le papillon des gaz à 100% quand on est à 50% de la course…), une puissance facile à doser (pas de creux à très bas régime suivi d’un « pic » de couple), et une consommation remarquablement maîtrisée quand il est sollicité : à 8,4 l/100 km ( pour 100 km de circuit, 150 km d’autoroute libre, 900 km d’autoroute limitée), la Mazda MX-5 a siroté 4 l aux 100 km de moins que la Mégane RS !