Pas un panneau de carrosserie de la FF n’est conservé. La Lusso (Luxe, en italien, un nom déjà porté par la 250 GT Berlinetta du début des années 1960) adopte des formes plus anguleuses et des lignes plus tendues qu’avant. Plus élégantes aussi: “Cette Ferrari, c’est le dernier costume que l’on enfile pour sortir, commente Adrian Griffith, du Centro Stile de Ferrari. Le ressenti doit être visuel, tactile et émotionnel “.
Pour l’émotionnel, on confirme! Les phares se font plus félins, la calandre modifiée s’affranchit du chrome, tandis qu’à l’arrière, on note le retour des quatre feux ronds (contre deux avant). Une merveille, si l’on oublie toute objectivité. À bord, l’installation est aisée. Bien sûr, tous les réglages sont possibles: sièges, volant ou encore clim’, laquelle s’ajuste via l’écran tactile capacitif de 10,25 pouces (aussi réactif au toucher qu’une dalle de smartphone). Avant de prendre le volant, petit tour à l’arrière, histoire de voir si un adulte de 1,80 m s’y sentirait bien: aucun souci, la garde au toit est correcte, de même que la place aux jambes. L’ambiance, dominée par le cuir pleine fleur, respire le luxe et la sportivité.
Retour derrière le volant, la place la plus enviable, cela va sans dire… La grosse clé rouge à cheval cabré insérée dans la console centrale, on appuie sur le bouton Stop & Start du volant. Le V12 atmosphérique de 690 ch (30 de plus que la FF) s’ébroue avec fracas. Ça promet! On enclenche le mode auto de la boîte à double embrayage reprise de la FF, dont la parfaite gestion lit dans nos pensées, on règle le fameux Manettino sur Confort ou sur Sport. S’il ne s’agissait pas aussi de faire joujou avec les vitesses, on pourrait se passer des palettes au volant! Malgré le capot géant et la largeur de la GTC4, On se faufile dans la circulation urbaine en toute discrétion. Les ingénieurs ont mis au point de nouvelles soupapes d’échappement bridant légèrement les décibels émis par le V12, dans ces conditions de roulage. Mais aussitôt sollicitée sur les petites routes, la “familiale” de Ferrari rugit sauvagement.
Alors que le compteur s’affole, l’électronique ajuste la sensibilité des aides à la conduite. Aux quatre roues motrices initiales, Ferrari a ajouté des roues arrière directrices, qui enroulent les épingles comme par magie. Les accélérations sont démentielles, suivies de freinages appuyés à l’efficacité redoutable. On compense la position Sport du Manettino en appuyant sur la fameuse touche “Schumacher” sur le volant (elle a été développée à sa demande), pour profiter malgré tout de suspensions attentionnées. De longs tunnels encouragent à laisser pétarader le V12. A hauts régimes (l’aiguille monte jusqu’à 8.000 tours !), le 6.2 s’envole.