La BMW Série 5, depuis ses débuts, est l’exemple type de la routière au long cours qui invite à avaler les kilomètres d’autoroute en soignant sa moyenne. C’est toujours possible, même si certaines “pratiques” sont devenues plus sages ces dernières années. Une question cruciale demeure : la version électrique i5, apparue avec la nouvelle Série 5, est-elle toujours l’outil de voyage que l’on connait depuis des lustres ?
Ici, un seul moteur électrique, sur l’essieu arrière : elle reste donc une vraie propulsion. Il développe tout de même 340 ch et un couple maximal déjà confortable (430 Nm), avec des chiffres flatteurs à la clef. La grande Série 5 (5,06 m pour rappel, aussi longue qu’une ancienne Série 7 !) abat sans effort le 0 à 100 km/h en 5,7 secondes, en douceur et en silence. Forcément, la i5 ne fait pas le même effet à l’oreille qu’avec un 6 cylindres qui prend ses tours en musique. BMW a donc repris le subterfuge inauguré par le SUV iX et depuis repris sur tous ses modèles électriques : une “nappe” sonore spécialement conçue par le compositeur Hans Zimmer, connu pour ses bandes originales de films de science-fiction. Le gadget fait son effet en ponctuant chaque accélération d’un sifflement façon sabre laser.
La i5 présente une finition soignée et des matériaux de premier choix. Les longues étapes, sur le billard autoroutier, s’enchainent paisiblement. L’ambiance est cossue, à peine troublée par des bruits d’air à haute vitesse, auxquels on s’habitue rapidement. Le confort de roulement, surtout, impressionne. Parfaitement filtré, et les réactions sont progressives, tout en conservant un maintien de caisse relativement verrouillé. Peu de mouvements, même en la bousculant. Elle l’accepte pourtant, sur des tracés plus sinueux, et présente même un étonnant dynamisme : la direction est idéalement calibrée, et son tempérament de propulsion, canalisé par l’électronique, ne réserve aucun piège. La i5 est donc une berline plaisante à mener, même à rythme (presque) raisonnable.
Plus que jamais, la Série 5 a tout d’une Série 7 en réduction. Elle en reprend d’ailleurs la plate-forme (raccourcie de 30 cm !) et une bonne partie du contenu technologique, à commencer par le spectaculaire double écran, doté du même système d’exploitation.BMW a eu le bon goût de conserver quelques vrais boutons et une molette, plus pratique (et sécurisant) pour naviguer dans le système en conduisant.
La i5 compte aussi quelques optimisations plutôt élaborées. Une pompe à chaleur efficace, ou encore la récupération en décélération gérée automatiquement, intégrant le trafic et la topographie. Les variations de la régénération au lever de pied sont assez naturelles, sans excès même en mode B. On peut modifier manuellement la puissance du freinage régénératif, mais autant la laisser faire le travail tout seule.