De prime abord, la Challenger SRT n’a pas les caractéristiques d’une voiture classique moderne, un objet qui est souvent l’extension d’une pensée très cérébrale. Aussi discrète qu’un solo de Jimmy Page, encombrante, chargée d’une nostalgie assumée. C’est plutôt un muscle car pur que nous sert Dodge, dont les arêtes ont été lissées pour mieux cadrer dans notre époque.
Éclipsés par l’énorme capot avant, les phares ronds entourés d’un halo de diodes amplifient l’intensité du regard. C’est une présence imposante, menaçante, à laquelle nous convie cette livrée SRT, accentuée par le becquet avant et un extracteur d’air central sur le capot.
Sur la latérale, les designers ont pris soin d’incorporer une ligne d’aile qui s’élève vers l’arrière, un autre clin d’oeil à la grande influence stylistique qu’a été le modèle 1971. Dans l’ensemble, on ne peut que saluer cette relecture, qui capte bien l’esprit de la Challenger, une personnalité colorée. Si le design extérieur semble tout droit sorti du film Vanishing Point, l’habitacle, quant à lui, a tout ce qu’il y a de moderne.
On pose les yeux sur une planche de bord massive aux formes organiques. Les instruments de mesure et l’excellent système d’infodivertissement sont concentrés du côté du conducteur pour valoriser leur lecture. Le tout est fondu dans une plaque d’aluminium qui rappelle le côté brut de cette Challenger. La qualité des matières employées est d’ailleurs très bonne.
À la lecture de sa fiche technique, la Challenger SRT donne l’impression d’être une machine à sensation intraitable. Le portrait est toutefois beaucoup plus nuancé lorsqu’on prend le pouls réel de la voiture.
Sur le plan mécanique, cette Challenger a certainement les moyens de ses ambitions. Le grondement guttural du ralenti de l’immense V8 de 6,4 L à culbuteurs le met en exergue. Ses 485 chevaux sont livrés de manière progressive, de sorte que cette Challenger SRT n’est pas une voiture intimidante, malgré la trame sonore du V8, délicieuse et accentuée par l’échappement actif qui se tait en vitesse de croisière. Le freinage, appuyé par d’immenses étriers Brembo empruntés à la version Hellcat, est en outre très performant et très bien dosé.