Vu de loin, à considérer les proportions, on se dit qu’il n’y a pas grand-chose de changé par rapport a son prédécesseur. Vu de près, en examinant les détails, on constate que tout est différent ! Le Cayman entend quitter sa stature de gentil coupé chic pour clamer sa philosophie éminemment sportive. Empattement allongé, porte-à-faux raccourcis, il se veut plus sportif, plus aiguisé que jamais. La lente et musculeuse ondulation qui court des phares jusqu’aux feux est toujours aussi suggestive !
Sur la balance, il voit sa masse dégringoler de trente kilos. C’est toujours ça de pris, d’autant que les puissances sont en hausse : le moteur de cette version affiche 275 chevaux. Face aux Boxster, c’est dix canassons de gagnés ! Le Cayman largue donc l’incontournable Boxster et… se rapproche de la 911, dont les puissances démarrent à 350 chevaux !
Alors que la concurrence rajoute des turbos à tout-va et diminue cylindrée et nombre de cylindres, Porsche s’en remet à son incontournable six cylindres à plat. Dans cette version, il cube 2,7 litres et délivre 275 chevaux.
Côté transmission, la boite auto PDK 7 semble récolter l’immense majorité des voix !
A bord, immédiatement, l’environnement impressionne : le gros compte-tours pile dans l’axe et gradué jusqu’à 9.000 tr/min (avec zone rouge à 7.500), l’ambiance cockpit d’avion avec toutes les commandes à portée de main… Qualité de finition, soucis du détail, nous sommes dans une Porsche !
Un petit quart de tour sur la clé et immédiatement le six cylindres à plat gronde, de sa voix métallique reconnaissable entre toutes ! Premier sujet d’étonnement : la progressivité et la souplesse des commandes ! Boîte, embrayage, direction, tout est facile ! On se surprend même à flirter avec la pédale des gaz, à enchaîner rapidement les rapports et à se réjouir des 425 litres de volume qu’offrent les deux coffres. Indubitablement, le Cayman est taillé pour un usage quotidien.
Avec ses masses mieux réparties qu’une 911 (46% sur le train avant), le Cayman affiche un équilibre de Sport-proto ! De quoi le rendre irrésistible dès que la route tourne : le comportement affiche alors un répondant et une exactitude époustouflants ! La direction répercute toutes les informations utiles tout en affichant une précision de montre suisse.
Le Cayman survole la route, efface les bosses qu’il traite une par une, comme des dossiers séparés.
Pendant ce temps-là, la magie du flat-six opère… Souple, grave et sage sous 4.000 tr/min, le moteur se déchaîne au-dessus dans une clameur aiguë, vocifère sa rage et rapproche la ligne d’horizon ! La boîte, elle, est une petite merveille de synchronisation, avec des rapports idéalement étagés et une commande fabuleuse : rapide et ferme, juste ce qu’il faut !
Revenons à un rythme plus sage… Le silence s’impose alors à bord, avec juste en léger fond sonore, le frémissement métallique d’une mécanique d’orfèvre… Le système multimédia vous berce grâce à l’excellente stéréo, alors que le GPS inclut un petit rappel dans l’instrumentation, juste sous vos yeux et à côté du compte-tours. Un petit regard dans les rétroviseurs et c’est un délicieux mélange de courbes soignées qui s’étale sous vos yeux… La vie est décidemment belle en Cayman…
Inutile de tourner autour du pot. Dans la gamme Porsche, le Cayman est notre petit préféré : plus acéré et plus élégant qu’un Boxster, mais aussi et surtout, plus abordable, tant financièrement qu’à la conduite, qu’une 911. Une véritable machine à donner du plaisir, qui se conjugue parfaitement au quotidien qui plus est. Et le réveil du flat-six au petit matin fait partie des plaisirs à connaître une fois dans sa vie… Tout n’est pas perdu : tant que des voitures telles que celle-ci sortiront des usines, il y aura toujours de la place pour de l’émotion automobile. Merci Porsche !