Quatre ans après sa naissance, la California s’est offert une première évolution. Trois fois rien à première vue mais chez Ferrari comme ailleurs, l’efficience est dans le fruit. D'où une chasse au gramme... Bonne nouvelle : 30 kg de moins et 30 ch de gagnés, pour atteindre 490 ch au soleil, voilà un intitulé prometteur.
La règle de 30
La structure, toujours en aluminium, a recours à de nouveaux alliages. L’opération permet de gagner 30 kg, le reste des modifications a porté sur la pièce maitresse : le V8 de 4,3 litres reçoit de nouveaux pistons, un nouveau collecteur d’échappement et une cartographie reprogrammée. Résultat, 30 chevaux s’ajoutent au cheptel, qui émarge désormais à 490 ch.
Pour tenir ce petit monde, Ferrari propose maintenant en option un pack Handling Speciale offrant une direction plus directe et une gestion plus sportive de la suspension pilotée. Notre modèle en est doté, l'italienne devient ainsi plus incisive.
Extérieurement, peu de choses ont changé. Tant mieux peut-être : de profil, sa taille de guêpe la ferait presque passer pour une petite 599 GTB. Seule la calandre évolue, en recevant un revêtement chromé.
Inutile de relancer la controverse sur le design de la California, décrié à ses débuts à cause de son postérieur volumineux et ses artifices iconoclastes (sorties d’échappement superposées par exemple). Globalement, on s’y fait. Et surtout, la fascination opère. Incroyable, le charisme que dégage le coup de crayon de Pininfarina... Surtout auprès des jeunes, l’accueil est d’excellente augure pour l’avenir d’une passion automobile souvent pointée du doigt de nos jours.
L’expérience Ferrari a toujours quelque chose de sensuel. Des odeurs du cuir omniprésent, à la chute de reins des ailes arrière qui emplit vos rétroviseurs, c’est une foule de repères à peu près inimitables qui se bousculent.
En main, point de carte mains-libres ou autre gadget électronique. Une simple clef frappée du Cavallino, tout ce qu’il y a de plus traditionnel… Contact. Il ne reste qu’à presser le bouton Start, situé sur la gauche du volant. De l'autre côté ,on trouve toujours le fameux Manettino, pilotant le contrôle de traction F1 Trac et la gestion de la boite.
Ce qui frappe au premier contact, c’est surtout la facilité avec laquelle la dame se laisse aborder. Et sa musique, bien sûr. Mais s’épancher sur la musicalité d’une mécanique Ferrari serait tomber dans le lieu commun. En revanche, on remarque qu’en dépit des optimisations appliquées à ce moteur (injection directe, gestion efficiente de la transmission), voix et noblesse de fonctionnement sont préservées.
De nos jours, une Ferrari se mène presque comme n’importe quelle autre voiture. La direction légère, à l'assistance savamment dosée, et la douceur la boite qui tente de rentrer le plus vite possible la 7ème en conduite coulée (efficience toujours !), font de l’italienne une compagne docile.
Sur un filet de gaz, les rapports s’enchaînent, sans à-coups. Aux palettes de préférence, pour rester maître à bord. Crescendo, on hausse l’allure. Il y a quelque chose d'unique dans cette mélopée, chaude d’abord, progressivement rageuse, qui vous pousse de manière irrépressible vers la zone rouge. C’est entre 5.000 et 8.200 trs/mn que ce V8 s’exprime, jusqu’au rupteur ! Là, on évolue sur la puissance pure : ses 490 ch, il faut aller les chercher à 7.750 tours, dans un déchirement métallique.
Croiser sereinement, la California sait aussi le faire. Le couple maximal a d’ailleurs progressé, désormais annoncé à 505 Nm à 5.000 tr/min (+20 Nm). Voilà un bon point pour sa polyvalence. Mais chez les italiens plus qu’ailleurs sans doute, l’ivresse des hauts régimes est terriblement addictive.
Lorsque, au rétrogradage, retour de gaz et craquement précèdent une remise des gaz sans retenue, nous voilà en prise avec ce V8 supercarré (alésage x course : 94 x 77,4 mm). Mais pas de coup de massue à prévoir : son caractère, pourtant pointu, n’a jamais voulu être celui d’une mécanique sportive pure.
La California reste ainsi fidèle à l’esprit des Ferrari à moteur avant. Ses performances de très haut niveau, elle les livre en finesse. Parlant de chiffres d’ailleurs, l’évolution est symbolique : 3,8 s sur le 0 à 100 km/h, c’est à peine 2 dixièmes de gagnés. Mais l’agrément général progresse, c’est l’essentiel.
Ce qui ressort des premiers tours de roues à bon rythme est curieux : les acrobaties, cette noble GT y consent volontiers. Rapidement, la California peut vous prodiguer des sueurs froides. Par exemple, si en voulant emmener plus haut les hurlements du V8 en sortie de courbe, la remise des gaz est un peu trop enthousiaste, la dérobade intervient plus tôt que prévu... Cette vivacité surprend, comparée à la douceur qui primait jusqu’alors.
En mode Sport, électronique et transmission (différentiel F1 Trac et contrôle de stabilité) sont dans leurs configurations les plus adaptées à l’auto. Plus expressive qu’en mode Confort, la California conserve néanmoins un haut niveau de sécurité
Elle correspond pleinement à cette vision de la Dolce Vita à vivre tous les jours. À deux, de préférence. Les places arrière, étriquées, ont au moins le mérite d’exister et d’accueillir deux passagers pour dépanner. Voire des sièges enfants, puisque des attaches Isofix sont présentes !
Parler d’aspects pratiques peut sembler incongru sur ces créatures passionnelles. Mais n’oublions pas que certains utilisent leur California au quotidien ou presque. Notons d’ailleurs que le coffre, toit en place, est suffisant pour accueillir deux sacs de golf, ou des affaires pour un couple en vacances (de 240 à 340 litres).
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